—Qui est là?

Aussitôt, voyant juché sur une chaise, en longue chemise de nuit, une grosse natte dans le dos, le petit fantôme familier:

—C'est toi, Félicie? Tu n'es pas malade?... Qu'est-ce que tu fais là?

—Je cherche quelque chose.

—Dans mon armoire?

—Oui, maman.

—Veux-tu bien aller te coucher! tu vas t'enrhumer... Dis-moi ce que tu cherches, au moins. Si c'est le chocolat, il est sur la planche du milieu, à côté du sucrier en argent.

Mais Félicie avait saisi un paquet de photographies qu'elle feuilletait rapidement.

Sous ses doigts impatients passaient madame Doulce, couverte de dentelles; Fagette, éclatante et les cheveux dévorés de lumière; Tony Meyer, les yeux rapprochés l'un de l'autre et le nez tombant sur les lèvres; Pradel, à la barbe fleurie; Trublet, chauve et camus; M. Bondois, l'œil craintif et le nez roide sur une moustache épaisse. Bien qu'elle n'eût point la tête à s'occuper de M. Bondois, elle lui donna au passage un regard hostile et, d'aventure, lui fit tomber sur le nez une goutte de bougie.

Madame Nanteuil, tout à fait réveillée, s'étonnait: