CATHERINE.

Il me semble que le satin à fleurs conviendrait mieux à mon âge, surtout s'il est clair et les fleurs petites…

LÉONARD.

Peut-être! mais…

CATHERINE.

Et ne pensez-vous pas, mon ami, qu'il serait malséant d'outrer l'ampleur du vertugadin? Sans doute il faut qu'une jupe bouffe; l'on n'aurait pas l'air vêtue sans cela et l'on ne doit point lésiner sur le tour de jupe. Mais voudriez-vous, mon ami, que je pusse cacher deux galants sous mon vertugadin? Cette mode tombera; il viendra un jour où les dames de qualité l'abandonneront, et les bourgeoises suivront cet exemple. Vous ne croyez pas?

LÉONARD.

Si! mais…

CATHERINE.

Quant aux mules il en faut soigner la façon. C'est au pied qu'on juge une femme et la vraie élégante se voit à la chaussure. N'est-ce pas votre avis, mon ami?