LÉONARD.

De grâce!

CATHERINE.

Ce n'est pas étonnant que tout enchérisse. Le luxe de la table devient chaque jour plus insolent. Dès qu'on traite un parent ou un ami, on ne se contente pas de trois services, bouilli, rôti, fruit. On veut encore avoir des viandes de cinq ou six façons différentes, avec tant de sauces, de hachis ou de pâtisseries que c'est un vrai salmigondis. Vous ne jugez pas cela excessif, mon ami? Moi, je ne conçois pas le plaisir qu'on trouve à s'empiffrer de tant de viandes. Ce n'est pas que je dédaigne les bons plats, je suis friande. Il me faut peu mais fin. J'aime surtout les rognons de coq et les fonds d'artichaut. Et vous Léonard, n'avez-vous pas un faible pour les tripes et les andouilles. Fi! fi! peut-on aimer les andouilles?

LÉONARD, se prenant la tête dans les mains.

Je vais devenir fou! Je sens que je vais devenir fou.

CATHERINE.

Mon ami, je ne vais plus rien dire, parce qu'en parlant, je pourrais vous déranger de votre travail.

LÉONARD.

Puissiez-vous faire ce que vous dites.