"Citoyen Évariste, va donc à la Convention demander qu'on nous envoie des instructions pour fouiller le sol des caves, lessiver la terre et les moellons et recueillir le salpêtre. Ce n'est pas tout que d'avoir des canons, il faut aussi de la poudre."
Un petit bossu, la plume à l'oreille et des papiers à la main, entra dans la ci-devant sacristie. C'était le citoyen Beauvisage, du Comité de surveillance.
"Citoyens, dit-il, nous recevons de mauvaises nouvelles: Custine a évacué Landau.
--Custine est un traître! s'écria Gamelin.
--Il sera guillotiné", dit Beauvisage.
Trubert, de sa voix un peu haletante, s'exprima avec son calme ordinaire:
"La Convention n'a pas créé un Comité de salut public pour des prunes. La conduite de Custine y sera examinée. Incapable ou traître, il sera remplacé par un général résolu à vaincre, et ça ira!"
Il feuilleta des papiers et y promena le regard de ses yeux fatigués:
"Pour que nos soldats fassent leur devoir sans trouble ni défaillance, il faut qu'ils sachent que le sort de ceux qu'ils ont laissés dans leur foyer est assuré. Si tu es de cet avis, citoyen Gamelin, tu demanderas avec moi, à la prochaine assemblée, que le Comité de bienfaisance se concerte avec le Comité militaire pour secourir les familles indigentes qui ont un parent à l'armée."
Il sourit et fredonna: