--Et vous me promettez que Dieudonné passera.
--Dieudonné ou Goby.
--Comment?... Dieudonné ou Goby? Si vous n'étiez pas plus sûr que ça, vous auriez dû me prévenir.... Dieudonné ou Goby!... A vous entendre, on dirait que c'est la même chose.
--Ce n'est pas la même chose. Mais dans les deux cas, Brécé échoue....
--Vous savez, Brécé est de nos amis.
--Et des miens!... Dans les deux cas, vous dis-je, Brécé échoue avec sa liste, et M. de Gromance, en contribuant à son échec, se sera acquis des titres à la reconnaissance du préfet et du gouvernement. Après les élections, quel qu'en soit le résultat, vous reviendrez voir mes Baudouin, et je fais votre mari... tout ce que vous voudrez qu'il soit.
--Ambassadeur.
Au scrutin du 28 janvier, la liste des nationalistes: comte de Brécé; colonel Despautères; Lerond, ancien magistrat; Lafolie, boucher, obtint cent voix en moyenne. La liste des républicains progressistes: Félix Panneton, industriel; Dieudonné de Gromance, propriétaire; Mulot, explorateur; docteur Fornerol, obtint cent trente voix en moyenne; Laprat-Teulet, compromis dans le Panama, ne réunit sur son nom que cent vingt suffrages. Les trois autres sénateurs sortants, républicains radicaux, obtinrent deux cents voix en moyenne.
Au second tour de scrutin, Laprat-Teulet tomba à soixante voix.
Au troisième tour, Goby, Mannequin, Ledru, sénateurs sortants radicaux, et Félix Panneton, républicain progressiste, furent élus.