—Enfant, note que dans certaines sectes chrétiennes, il est recommandable d'enlever des courtisanes et de vivre sur des colonnes. Tu peux ajouter que ces usages supposent le culte des divinités génésiques. Mais, à cet égard, nous devons l'interroger lui-même.
Puis, levant la tête et portant sa main sur ses yeux pour n'être point aveuglé par le soleil, il enfla sa voix:
—Holà! Paphnuce. S'il te souvient que tu fus mon hôte, réponds-moi.
Que fais-tu là-haut? Pourquoi y es-tu monté et pourquoi y demeures-tu?
Cette colonne a-t-elle dans ton esprit une signification phallique?
Paphnuce, considérant que Cotta était idolâtre, ne daigna pas lui faire de réponse. Mais Flavien, son disciple, s'approcha et dit:
—Illustrissime Seigneur, ce saint homme prend les péchés du monde et guérit les maladies.
—Par Jupiter! tu l'entends, Aristée, s'écria Cotta. Le néphélococcygien exerce, comme toi, la médecine! Que dis-tu d'un confrère si élevé?
Aristée secoua la tête:
—Il est possible qu'il guérisse mieux que je ne fais moi-même certaines maladies, telles, par exemple, que l'épilepsie, nommée vulgairement mal divin, bien que toutes les maladies soient également divines, car elles viennent toutes des dieux. Mais la cause de ce mal est en partie dans l'imagination et tu reconnaîtras, Lucius, que ce moine ainsi juché sur cette tête de déesse frappe l'imagination des malades plus fortement que je ne saurais le faire, courbé dans mon officine sur mes mortiers et sur mes fioles. Il y a des forces, Lucius, infiniment plus puissantes que la raison et que la science.
—Lesquelles? demanda Cotta.
—L'ignorance et la folie, répondit Aristée.