—Est-ce mal de combattre aujourd'hui dimanche?
Elle répondit:
—Il faut entendre la messe[1051].
Elle n'était pas d'avis qu'on les attaquât.
—Pour l'amour et honneur du saint dimanche, ne commencez point la bataille. N'attaquez pas les Anglais, mais, si les Anglais vous attaquent, défendez-vous fort et hardiment, et n'ayez nulle peur, et vous serez les maîtres[1052].
Une de ces pierres consacrées, de forme plate et carrée, bordée de métal, que les clercs portaient en voyage, fut posée sur une table, en un carrefour, dans les champs, au pied d'une croix[1053]. Les officiants chantèrent, en grande solennité, hymnes, répons et oraisons, et la Pucelle, avec tous les religieux et tous les hommes d'armes, ouït deux messes dites à cet autel[1054].
Après le Deo gratias, elle recommanda d'observer les Anglais.
—Or, regardez, s'ils ont le visage devers nous, ou le dos.
On lui répondit qu'ils avaient le dos tourné et qu'ils s'en allaient.
Elle leur avait dit trois fois: «Allez-vous-en d'Orléans vos vies sauves.» Maintenant elle voulait qu'on les laissât aller sans leur en demander davantage.