—Comprenez bien, lui dit-il, que, si vous allez à rencontre d'aucuns de ces articles, vous serez brûlée. Je vous conseille de vous en rapporter à l'Église universelle si vous devez abjurer ces articles ou non.
Maître Guillaume Erard demanda à Jean Massieu:
—Eh bien, que lui dites-vous?
Jean Massieu répondit:
—Je fais connaître à Jeanne le texte de la cédule et je l'invite à signer. Mais elle déclare qu'elle ne saurait.
À ce moment Jeanne, qu'on pressait toujours de signer, dit à haute voix:
—Je veux que l'Église délibère sur les articles. Je m'en rapporte à l'Église universelle si je les dois abjurer ou non. Que la cédule soit lue par l'Église et par les clercs aux mains desquels je dois être placée. Si leur avis est que je doive la signer et faire ce qui m'est dit, je le ferai volontiers.
Maître Guillaume Erard répliqua vivement:
—Faites-le maintenant, sinon vous serez brûlée aujourd'hui même.
Et il défendit à Jean Massieu de conférer davantage avec elle.