—Putain, paillarde! s'écria-t-il, c'est toi qui as mangé des harengs et autres choses à toi contraires.
—Je ne l'ai pas fait, répliqua-t-elle.
Ils échangèrent tous deux des paroles injurieuses et Jeanne en fut plus malade[662].
Les médecins la palpèrent aux reins et au côté droit et lui trouvèrent de la fièvre. D'où ils conclurent à une saignée.
Ils en avisèrent le comte de Warwick qui s'inquiéta:
—Une saignée? Prenez garde! Elle est rusée et pourrait bien se tuer.
Néanmoins on fit la saignée et Jeanne guérit[663].
Il n'y eut pas d'interrogatoire le lundi 26[664]. À l'ouverture de la quatrième séance, le mardi 27, maître Jean Beaupère lui demanda comment elle s'était portée; ce dont elle fut peu touchée. Elle lui répondit sèchement: «Vous le voyez bien. Je me suis portée le mieux que j'ai pu[665].»
Cette séance avait lieu dans la salle de Parement, en présence de cinquante-quatre assesseurs[666]. Cinq de ceux-là n'avaient pas encore assisté aux débats, et dans le nombre maître Nicolas Loiseleur, chanoine de Rouen, qui faisait, dans le procès, le cordonnier lorrain et madame sainte Catherine d'Alexandrie[667].
Maître Jean Beaupère se montra curieux, comme le samedi précédent, de savoir si Jeanne avait entendu ses Voix. Elle les entendait tous les jours[668].