Adèle aussi s’était redressée en sursaut.
— Qu’est-ce qu’il y a donc ? demanda-t-elle, en tournant vers moi de grands yeux vagues, encore ennuagés de sommeil.
— Il y a que je pars, rappelle-toi, ma chérie.
— C’est vrai… j’avais oublié… Tes hardes sont là, sur la chaise… Désires-tu que je me lève ?
— Ça, non. Je veux que tu te rendormes vite, au contraire.
Elle resta toutefois sur son séant, jusqu’à ce que je fusse entièrement vêtu. Quand je m’approchai pour prendre congé, elle m’enlaça le cou de ses bras nus et, sa bouche suspendue à la mienne, chuchota :
— Cherche un peu quel rêve je faisais, quand ce rustre de Jonathan a heurté ?
— Et si je ne trouve pas ?…
— Tant pis. Va-t’en, vilain !… Ce sera pour quand tu reviendras… Kénavo[8] !
[8] Au revoir !