Au reste l'esprit ingénu de Fanta n'en chercha pas si long.
Penchée sur la margelle, le buste engagé dans l'ouverture béante, elle disait de sa voix la plus dévote:
—Parlez, monseigneur. Vous savez comme je vous suis dévouée. Vous le savez, n'est-ce pas?… Depuis que votre ancienne statue est tombée en poussière, je ne cesse d'en réclamer une neuve, avec un manteau de pourpre, des gants violets, une crosse blanche et une mitre d'or. Mais tous ces fabriciens, voyez-vous, ce sont des gens sans cœur et sans oreilles, des misérables, des goujats, de fieffés ivrognes!…
Il faut croire que Joseph le Saint ne perçut que le dernier mot de cette pieuse apostrophe.
—Ivrogne, oui! bégaya-t-il. Mais je me corrigerai… je vous le jure!… Sauvez-moi!… Vous n'avez qu'à abaisser le seau que j'ai laissé échapper!…
—Hein? s'écria Fanta Gouronnec… Comment? Tu n'es donc pas le saint de la citerne?
—Le Saint!… Joseph le Saint, de Kergouanton! hurla le malheureux.
—Ah! c'est toi, chenapan? Les auberges ne te suffisent donc pas que tu te mets à voyager dans les puits?
Elle était furieuse d'avoir pris pour saint Kadô un «paroissien» qui n'avait avec lui que de si lointains rapports,—furieuse surtout de voir finir de façon si plate une aventure qu'elle avait crue céleste.
L'autre, cependant, geignait de plus belle: