«—Evenn Mordellès, prononça-t-il enfin, tu es un brave cœur. La bénédiction de Dieu est entrée avec toi dans notre maison… Mais, l'as-tu dit à Noël? demanda-t-il, subitement inquiet.
«—Noël le sait de ce matin.
«—C'est donc pourquoi il était tantôt si taciturne? intervint Glauda. Il m'a donné le bonsoir d'un air tout drôle.
«—Et il consent? interrogea de nouveau Jean Bleiz.
«Evenn répondit:
«—Je l'ai prié de venir avec moi vous en assurer lui-même; il n'a pas voulu. C'est qu'il a le cœur encore trop gros, voyez-vous. Mais ça lui passera.
«—Il t'aime tant? repartit Jean Bleiz. Ça doit, en effet, lui être bien dur de songer que tu te sacrifies pour lui. Non, fils, je ne te cacherai pas que tu nous enlèves un poids terrible… Nous ne vivions plus… Tu nous rends la joie et le courage. Viens que nous t'embrassions. Tu es le digne rejeton d'une race d'honnêtes gens, Evenn…
«Le vieux était si troublé qu'il bredouillait. Il poursuivit, se tournant vers sa femme et l'appelant par le nom qu'il lui donnait au temps de leurs fiançailles.
«—Va, Glaudaïk, à mon armoire, et prends la bouteille qui est dans le fond, sous mes habits des dimanches…
«Evenn l'interrompit.