—Oui.

—Et moi!...

Ils devinrent silencieux, tandis que Picrate fumait et affectait l’insouciance. Mais, à la dérobée, il regardait la jeune fille avec entrain. Et, si leurs yeux se rencontraient, il souriait. Marie Galande n’y fit guère attention.

—Si j’aime ma liberté!...—reprit-elle.—Tiens, j’avais un ami. Je l’ai quitté parce qu’on s’aimait trop: je n’étais plus libre ...

—Il était méchant?—demanda Picrate.

—Non! pas du tout!—répondit-elle.—Ça n’est pas lui qui m’enlevait ma liberté. C’est moi, parce que je l’aimais trop. Je ne pensais plus qu’à lui. Je me suis dit: «Ça ne vaut rien, ces affaires-là. Pense à toi, Marie Galande, et même pas trop ...» Voilà.

Picrate voulut objecter:

—Si tu l’as quitté comme ça, c’est que tu ne l’aimais pas, évidemment. Tu ne l’aimais pas!...

—Je te dis que si!—répliqua-t-elle avec colère.—Je le sais mieux que toi! J’en ai eu assez de chagrin!...

Comme Picrate allait argumenter, elle tapa de ses deux mains rageuses sur la table de tôle et répéta, pour qu’il se tût: