LE BERGER

Et moi, je le maudis, cet instant douloureux

Qui me donna le jour pour être malheureux;

Pour agir quand un autre exige, veut, ordonne;

Pour n'avoir rien à moi, pour ne plaire à personne;

Pour endurer la faim, quand ma peine et mon deuil

Engraissent d'un tyran l'indolence et l'orgueil.

LE CHEVRIER

Berger infortuné! ta plaintive détresse

De ton coeur dans le mien fait passer la tristesse.