Et nourrit tes petits qui, débiles encor,

Nus, tremblants, dans les airs n'osent prendre l'essor.

Tu voles; comme toi la cigale a des ailes.

Tu chantes; elle chante. À vos chansons fidèles

Le moissonneur s'égaye, et l'automne orageux

En des climats lointains vous chasse toutes deux.

Oses-tu donc porter dans ta cruelle joie

A ton nid sans pitié cette innocente proie?

Et faut-il voir périr un chanteur sans appui

Sous la morsure, hélas! d'un chanteur comme lui!