O muses, accourez; solitaires divines,

Amantes des ruisseaux, des grottes, des collines!

Soit qu'en ses beaux vallons Nîme égare vos pas;

Soit que de doux pensers, en de riants climats,

Vous retiennent aux bords de Loire ou de Garonne;

Soit que parmi les choeurs de ces nymphes da Rhône,

La lune sur les prés, où son flambeau vous luit,

Dansantes vous admire au retour de la nuit;

Venez. J'ai fui la ville aux muses si contraire,

Et l'écho fatigué des clameurs du vulgaire.