Dormir et ne rien faire, inutile poète,

Goûter le doux oubli d'une vie inquiète?

Vous savez si toujours, dès mes plus jeunes ans,

Mes rustiques souhaits m'ont porté vers les champs;

Si mon coeur dévorait vos champêtres histoires,

Cet âge d'or si cher à vos doctes mémoires,

Ces fleuves, ces vergers, Éden aimé des cieux

Et du premier humain berceau délicieux;

L'épouse de Booz, chaste et belle indigente,

Qui suit d'un pas tremblant la moisson opulente;