Je les tiens; dans mon camp partout je les rassemble,

Les enrôle, les suis, les pousse tous ensemble.

S'égarant à son gré, mon ciseau vagabond

Achève à ce poème ou les pieds ou le front,

Creuse à l'autre les flancs, puis l'abandonne et vole

Travailler à cet autre ou la jambe ou l'épaule.

Tous, boiteux, suspendus, traînent; mais je les vois

Tous bientôt sur leurs pieds se tenir à la fois.

Ensemble lentement tous couvés sous mes ailes,

Tous ensemble quittant leurs coques maternelles,