Un peu de rouge était monté à ses joues brunes, mais il ajouta aussitôt, presque humblement :
— La valeur de mon excellent confrère est grande… très grande.
L’ironie de François n’était pas demeurée dans ses yeux : elle relevait maintenant le coin de sa bouche pâle. Ayant respiré un peu plus fort et regardé une fois encore tout autour de lui, Gourdon continuait, et le ton de ses moindres paroles marquait une politesse extrême :
— Je veux espérer que Mme Landargues, elle aussi, se porte bien. J’ai fait l’autre dimanche quelques trouvailles nouvelles qui, je crois, pourraient l’amuser.
— Eh bien ! docteur, il faut les lui porter.
Et se tournant vers moi, mon cousin daigna expliquer :
— Le docteur Gourdon est un archéologue remarquable. Il fait chaque dimanche dans les bois qui sont derrière les carrières des fouilles qui donnent, ma foi, de bons résultats. Il trouve des poteries et des médailles. Les médailles surtout amusent ma grand’mère. Elle dit toujours à Gourdon qu’il devrait faire un rapport à l’Académie de Privas.
— Elle me fait cet honneur, dit le docteur.
— C’est entendu, conclut François, tendant la main, et lui donnant son congé. Portez vos petites machines à la Cloche un de ces jours. Je vais annoncer votre visite et si par hasard je me trouve là, je vous ferai goûter de mon châteauneuf. Au revoir, Gourdon.
Mais comme l’autre, m’ayant de nouveau respectueusement saluée, allait s’éloigner, François le retint, et, du bout de sa canne, touchant les guêtres trop neuves :