Dans ce nouvel état de culture, le produit sera au moins doublé et porté à……….. 300,000 l. La moitié du maître sera de……… 150,000 l. La dépense réduite à…………….. 15,000 ————- Le revenu sera de………………. 135,000 l. ————-

Ou plus de 13 pour cent, tandis qu'il n'étoit que de 8 pour cent à peu près. Les serfs de glèbe, au lieu du produit de leurs jardins et de 25000 liv. pour leur entretien, auront également le produit de leurs jardins, dont ils pourront disposer, et un revenu de 500 l. par tête.

Depuis que j'ai écrit ces feuilles, j'ai lu, dans le courrier de l'Europe, vol. 23, n°. 25, un mémoire, présenté en 1779 et en 1785 par M. le chevalier de Laborie, lieutenant-colonel d'infanterie, sur les moyens de donner la liberté aux esclaves en Amérique. Les mêmes principes nous ont guidés; mais les moyens d'affranchissement, que j'avois proposés en 1776 au gouvernement, et que je publie aujourd'hui, sont différents. M. de Laborie parle d'une sucrerie qu'il vouloit établir à la Tortue. Il étoit convenu, dit-il, qu'un habitant se chargeroit des frais d'établissement, en payant seulement aux cultivateurs la moitié du prix du sucre; et il avoit calculé que chaque cultivateur aurait, au delà de ses dépenses, un bénéfice de 5 à 600 livres.

[22] Il est impossible de suivre tous les égarements de l'intérêt particulier. Personne n'a répondu avec plus de sentiment aux défenseurs de l'esclavage que M. l'abbé Raynal. Voyer l'histoire phil. et pol. des établissements des Européens dans les deux Indes, liv. XI, parag. XXIV.

POSTSCRIPTUM

J'avois lu ce discours à l'Académie, et je le livrois à l'impression, lorsque j'ai reçu les réflexions sur l'esclavage des Nègres, par M. Schwartz, qui viennent d'être publiées. Si je n'avois voulu que prouver l'injustice de cet esclavage, j'aurois supprimé mon travail. On ne peut rien ajouter à la clarté et à l'évidence des principes que l'auteur a rappellés. On ne peut pas plaider avec plus de raison et plus de force pour les droits de l'humanité. L'auteur de ce nouvel ouvrage a développé les vérités que je n'ai fait qu'indiquer: mais les moyens d'affranchissement qu'il présente ne me paroissent pas aussi convenables dans l'état actuel des colonies que ceux que j'ai proposés. Mon but essentiel a été de conduire les esclaves à la liberté, en les formant au travail et au respect des moeurs. Il ne suffit pas de les rendre libres; il faut aussi leur donner une existence heureuse et utile. Je crois donc devoir encore soumettre mes idées à l'opinion publique.

Les colons sollicitent le droit de représentation aux états généraux. Leur patriotisme et leur zèle sont des titres que le souverain et la nation ne méconnoîtront pas. La plus belle cause que les députés des colonies pourroient plaider dans cette auguste assemblée, seroit celle de la liberté que je réclame au nom de l'humanité et de la justice.

Extrait des registres de l'Académie royale des sciences, belles lettres et arts de Bordeaux.

Du 7 Septembre 1788.

Ce jour, l'Académie extraordinairement assemblée pour délibérer la demande qui lui a été faite par M. de Ladebat, de vouloir bien lui permettre de faire imprimer, sous son privilège, le discours sur la nécessité et les moyens de détruire l'esclavage dans les colonies, qu'il lut à la séance publique du 25 Août dernier, la compagnie lui a unanimement accordé cette permission, et a autorisé M. le secrétaire à lui expédier à cet effet, une copie de la présente délibération.