[1]Que le fin lettré Marcel Schwob tenait pour le chef-d'oeuvre de Dostoïevsky.

[2]Une version soi-disant complète des Frères Karamazov a été donnée depuis (1906) à la librairie Charpentier, par les soins de MM. Bienstock et Torquet.

[3]Du moins, il ne resterait plus à traduire que quelques nouvelles sans importance. Peut-être nous saura-t-on gré de donner ici le catalogue des traductions; les voici, par ordre chronologique de production:

Les Pauvres Gens (1844). Trad. Victor DERÉLY. Plon et Nourrit, 1888.—Le Double (1846). Trad. BIENSTOCK et WERTH. Mercure, 1906.—La Femme d'un autre (1848) (et quelques nouvelles). Trad. HALPÉRINE-KAMINSKY et Ch. MORICE. Plon, 1888.—Les Etapes de la Folie (Un cœur faible, 1848). Trad. HALP.-KAMINSKY. Perrin, 1891.) Le Voleur honnête (1848). Trad. 1892.—Nétotschka Neswanowa (1848). Trad. HALPÉRINE-KAMINSKY. Lafitte, 1914.—Âme d'enfant (1849). Trad. HALP.-KAMINSKY. Flammarion, 1890.—Carnet d'un inconnu (Stepanchikovo, 1858). Trad. BIENSTOCK et TORQUET. Mercure, 1905.—Le Rêve de l'oncle (1859). Trad. HALPÉRINE-KAMINSKY. Plon, 1895.—Souvenirs de la maison des morts (1859-1862). Trad. NEYROUD, Plon, 1886.—Humiliés et offensés (1861). Trad. HUMBERT. Plon, 1884.—L'Esprit souterrain (1864). Trad. HALP.-KAMINSKY et Ch. MORICE. Plon, 1886.—Le Joueur et les Nuits blanches (1848-1867). Trad. HALP.-KAMINSKY, Plon, 1887).—Crime et châtiment (1866). Trad. Victor DERÉLY. Plon, 1884.—L'Idiot (1868). Trad. Victor DERÉLY. Plon, 1887.—L'Éternel Mari (1869). Trad. Mme HALPÉRINE-KAMINSKY. Plon, 1896.—Les Possédés (1870-1872). Trad. Victor DERÉLY. Pon, 1886.—Le Journal d'un écrivain (1876-1877). Trad. BIENSTOCK et J.-A. NAU. Charpentier-Fasquelle, 1904.—L'Adolescent (1875). Trad. BIENSTOCK et FENÉON. Revue blanche (Fasquelle), 1902.—Noël russe (1876). Trad. CRZYROWKI. Prudhomme, à Châteaudun, 1894.—Les Frères Kamarazov (1870-1880). I. Trad. HALPÉRINE-KAMINSKY et Ch. MORICE. Plon, 1888; II. Trad. BIENSTOCK et TORQUET. Charpentier, 1906.

Ont paru à part: «Les Précoces», extrait des Frères Karamazov. Trad. HALPÉRINE-KAMINSKY. Havard, 1889; Flammarion, 1897.—«Krotkaia», extrait du Journal d'un écrivain. Trad. HALP.-KAMINSKY. Plon, 1886. (Liste arrêtée en 1908.)]

[4]C'est pourquoi nous nous conformerons, dans toutes nos citations, au texte de M. Bienstock, espérant que gaucheries, incorrections même—assez gênantes parfois—imitent de leur mieux celles du texte russe. Cela soit dit d'ailleurs sous toutes réserves.

[5]Il peut nous paraître (dit celui-ci) et surtout après un regard jeté sur la correspondance intime de Dostoïevsky, qu'Anna Grigorievna, veuve du poète, et André Dostoïevsky, frère cadet du poète, aient été mal conseillés dans le choix des lettres qu'ils ont livrées à la publicité, et que, sans nuire en rien à la discrétion, ils eussent avantageusement remplacé par quelques lettres plus intimes maintes lettres qui ne traitent que de la question d'argent.—Il n'existe pas moins de quatre cent soixante-quatre lettres de Dostoïevsky à Anna Grigorievna, sa seconde femme, dont aucune n'a été encore livrée au public.

[6]Pour épais que soit ce volume, il eût pu l'être, il eût dû l'être davantage. Nous déplorons que M. Bienstock n'ait pas pris soin de réunir aux lettres offertes d'abord au public celles parues depuis dans diverses revues. Pourquoi, par exemple, ne donne-t-il que la première des trois lettres parues dans la Niva (avril 1898)? Pourquoi pas la lettre du 1er décembre 1856 à Vrangel—du moins les fragments qui en ont été donnés, où Dostoïevsky raconte son mariage et manifeste l'espoir d'être guéri de son hypocondrie par le bouleversement heureux de sa vie? Pourquoi pas surtout l'admirable lettre du 22 février 1854, importante entre toutes, parue dans la Rousskaia Starina et dont la traduction (Halpérine et Ch. Morice) a paru dans la Vogue du 12 juillet 1886? Et si nous le félicitons de nous avoir donné en supplément de ce volume la Requête a l'empereur, les trois préfaces de la revue Vremia, cet indigeste Voyaqe à l'étranger, où se lisent quelques passages intéressant particulièrement la France, et le très remarquable Essai sur la bourgeoisie,—pourquoi n'y a-t-il pas joint le pathétique plaidoyer: Ma défense, écrit lors de l'affaire Petrachevsky, paru en Russie il y a huit ans, et dont la traduction française (Fréd. Rosenberg) a été donnée par la Revue de Paris? Peut-être, enfin, quelques notes explicatives, de-ci de-là, eussent-elles aidé la lecture, et peut-être quelques divisions expliquant d'époque en époque, parfois, les longs intervalles de silence.

[7]«Oh! mon ami! Elle m'aimait infiniment et je l'aimais de même; cependant nous ne vivions pas heureux ensemble. Je vous raconterai tout cela quand je vous verrai; sachez seulement que, bien que très malheureux ensemble (à cause de son caractère étrange, hypocondriaque et maladivement fantasque), nous ne pouvions cesser de nous aimer. Même plus nous étions malheureux, plus nous nous attachions l'un à l'autre. Quelque étrange que cela paraisse, c'est ainsi.» (Lettre à Vrangel après la mort de sa femme.)

[8]«Pour défendre les idées qu'il croyait avoir», dit M. de Vogüé.