--Ah! parfaitement, --résolu désormais à ne m'étonner plus de rien. --Sur quel sujet? repris-je.
--Voici: Monsieur l'abbé craint que les sujets littéraires ou proprement philosophiques ne flattent le vague d'un jeune esprit déjà trop enclin à la rêverie... (c'est du moins ce que trouve Monsieur l'abbé). Il a donc poussé Casimir à choisir un sujet d'histoire.
--Mais Madame, voici qui peut très bien se défendre. Et le sujet choisi c'est?
--Excusez-moi; j'ai peur d'estropier le nom...: Averrhoès.
--Monsieur l'abbé a sans doute eu ses raisons pour choisir ce sujet, qui, à première vue, peut en effet paraître un peu particulier.
--Ils l'ont choisi tous deux ensemble. Quant aux raisons que l'abbé fait valoir, je suis prête à m'y ranger: Ce sujet présente, m'a-t-il dit, un intérêt anecdotique particulièrement propre à fixer l'attention de Casimir, qui est souvent un peu flottante: puis (et il paraît que ces Messieurs les examinateurs attachent à cela la plus grande importance) le sujet n'a jamais été traité.
--Il ne me souvient pas en effet...
--Et naturellement, pour trouver un sujet qui n'ait encore jamais été traité, on est forcé de chercher un peu en dehors des chemins battus.
--Évidemment!
--Seulement, je vais vous avouer ma crainte... mais j'abuse peut-être?