--Je sais, Monsieur, quelles nobles et saintes études vous amènent...

--Oh! ne vous exagérez pas leur sainteté, interrompis-je aussitôt en riant, c'est en historien seulement qu'elles m'occupent.

--N'importe, fit-il, écartant de la main toute pensée désobligeante; l'histoire a bien aussi ses droits. Vous trouverez en Monsieur Floche le plus aimable et le plus sûr des guides.

--C'est ce que m'affirmait mon maître, Monsieur Desnos.

--Ah! Vous êtes élève d'Albert Desnos? Il serra les lèvres de nouveau. J'eus l'imprudence de demander:

--Vous avez suivi de ses cours?

--Non! fit-il rudement. Ce que je sais de lui m'a mis en garde... C'est un aventurier de la pensée. A votre âge on est assez facilement séduit par ce qui sort de l'ordinaire... Et, comme je ne répondais rien: --Ses théories ont d'abord pris quelque ascendant sur la jeunesse; mais on en revient déjà, m'a-t-on dit.

J'étais beaucoup moins désireux de discuter que de dormir. Voyant qu'il n'obtiendrait pas de réplique:

--Monsieur Floche vous sera de conseil plus tranquille, reprit-il; puis, devant un bâillement que je ne dissimulai point:

--Il se fait assez tard: demain, si vous le permettez, nous trouverons loisir pour reprendre cet entretien. Après ce voyage vous devez être fatigué.