Lafcadio voulut s'élancer; le geste qu'il fit pour ouvrir la portière laissa couler le veston réglisse à ses pieds.

— Diable! diable! Un peu plus et je m'enferrais!...

Tout de même le farceur s'en irait un peu plus vite s'il pensait que je lui puisse courir après. Aurait-il vu?...

A ce moment, comme il restait penché en avant, une goutte de sang ruissela le long de sa joue.

— Tant pis pour la valise! Le dé l'avait bien dit: je ne dois pas descendre ici.

Il referma la portière et se rassit.

— Pas de papiers dans la valise; et mon linge n'est pas marqué; que risque-je?... N'importe: m'embarquer le plus tôt possible; ce sera peut-être un peu moins amusant; mais, à coup sûr, beaucoup plus sage.

Le train cependant repartait.

— Ce n'est pas tant la valise que je regrette... mais mon castor, que j'aurais bien voulu repêcher. N'y pensons plus.

Il bourra une nouvelle pipette, l'alluma, puis plongeant la main dans la poche intérieure de l'autre veston, il en sortit d'un coup une lettre d'Arnica, un carnet de l'agence Cook et une enveloppe de papier bulle qu'il ouvrit.