UN CADAVRE LE LONG DE LA VOIE
Sans lire plus avant, Lafcadio courut au Grand-Hotel. Il mit dans une enveloppe sa carte où ces mots inscrits sous son nom:
LAFCADIO WLUIKI
_vient voir si le Comte Julius de Baraglioul n'a pas besoin d'un secrétaire._
Puis fit passer.
Un laquais enfin vint le prendre dans le hall où il patientait, le guida le long des couloirs, l'introduisit.
Au premier coup d'oeil Lafcadio distingua, jeté dans un coin de la chambre, le _Corriere della Sera_. Sur la table, au milieu de la pièce, un grand flacon d'eau de Cologne débouché répandait sa forte senteur, Julius ouvrit les bras.
— Lafcadio! Mon ami... que je suis donc heureux de vous voir!
Ses cheveux soulevés flottaient et s'agitaient sur ses tempes; il semblait dilaté; il tenait un mouchoir à pois noirs à la main et s'éventait avec. — Vous êtes bien une des personnes que j'attendais le moins; mais celle au monde avec qui je souhaitais le plus pouvoir causer ce soir... C'est madame Carola qui vous a dit que j'étais ici?
— Quelle bizarre question!