La phrase ne venait pas. Julius était en costume de nuit; il sentit qu'il allait prendre froid, froissa le papier, reprit le verre à dents et l'alla poser dans le cabinet de toilette, tandis qu'il jetait le papier froissé dans le seau.

Sur le point de monter au lit, il toucha l'épaule de sa femme.

— Et toi, qu'est-ce que tu en penses, de mon livre?

Marguerite entrouvrit un oeil morne. Julius dut répéter sa question. Marguerite, se retournant à demi, le regarda. Les sourcils relevés sous un amas de rides, les lèvres contractées, Julius faisait pitié.

— Mais qu'est-ce que tu as, mon ami? Quoi! tu crois donc vraiment que ton dernier livre est moins bon que les autres?

Ce n'était pas une réponse, cela; Marguerite se dérobait.

— Je crois que les autres ne sont pas meilleurs que celui-ci, na!

— Oh! alors!...

Et Marguerite, devant ces excès, perdant coeur et sentant ses tendres arguments inutiles, se retourna vers l'ombre et rendormit.

II.