Achille est mort ; celui qui m’accompagne est son fils. Quoi ! tu sanglotes, Philoctète ?… ce calme si cherché…
PHILOCTÈTE
Achille !… Enfant, laisse ma main flatter ton front si beau… Voilà longtemps, longtemps que ma main n’a touché que des corps froids ; et même les corps des oiseaux que je tue, tombant sur les flots ou la neige, sont, lorsque mes mains s’en approchent, glacés comme ces régions supérieures de l’atmosphère qu’ils traversent…
ULYSSE
Tu t’exprimes bien, pour quelqu’un qui souffre.
PHILOCTÈTE
Où que j’aille et toujours je suis fils de la Grèce.
ULYSSE
Mais tu n’as plus à qui parler.
PHILOCTÈTE