Tant pis. Et nous alors, Ulysse, nous venons…
ULYSSE
Écoute encore, Néoptolème : tu sais, devant Trojà longuement condamnée, combien de sang versé, et de vertu, de patience et de courage ; les foyers délaissés et la chère patrie… Rien de tout cela n’a suffi. Par le prêtre Calchas les dieux ont enfin déclaré que seuls l’arc d’Hercule et ses flèches, par une dernière vertu, permettraient la victoire à la Grèce. Voilà pourquoi tous deux partis — que béni soit le sort qui nous a désignés ! — il semble qu’à présent abordés sur cette île si reculée, toute passion étant abandonnée, nos grands destins enfin vont se résoudre, et notre cœur ici plus complètement dévoué va parvenir enfin à la vertu la plus parfaite.
NÉOPTOLÈME
Est-ce tout, Ulysse ? Et maintenant, ayant bien parlé, que comptes-tu faire ? car mon esprit se refuse encore à comprendre complètement tes paroles… Dis : pourquoi sommes-nous venus ici ?
ULYSSE
Pour prendre l’arc d’Hercule ; ne l’as-tu pas compris ?
NÉOPTOLÈME
Ulysse, est-ce là ta pensée ?
ULYSSE