On procède à l’interrogatoire de l’unique témoin : la voisine :
Le Président. — Enfin vous n’avez rien vu !
Le témoin. — C’est que je suis entrée ou trop tôt, ou trop tard.
Et, comme après tout, l’on ne sait à quoi s’en tenir, si nous condamnons R., ce sera sur des présomptions (comme bien souvent) et non point tant pour l’acte reproché, si douteux, mais bien pour sa conduite générale ; et aussi pour en débarrasser sa famille.
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Je suis de nouveau chef du jury pour la dernière affaire de ce jour.
Joseph Galmier, âgé de vingt ans, fils d’Anaïse Albertine (quels noms on rencontre ! Samedi dernier, la pauvre femme X., dans l’affaire Z., où je n’ai trouvé rien de curieux à relever, répondait aux noms d’Adélaïde-Héloïse ! Est-ce un sentiment poétique qui pousse les miséreux à baptiser si étrangement leurs enfants ?) est accusé d’avoir commis deux vols, avec les circonstances aggravantes : de nuit ; dans une maison habitée ; avec effraction ; avec complices.
Galmier est journalier au Havre ; tête point laide, banale, rougeoyante ; nez un peu trop pointu ; cheveux ramenés sur le front ; moustache naissante ; l’air d’un guerrier normand de Cormon. Bien bâti et de formes assez élégantes ; porte un jersey sous une veste déteinte.
Condamné précédemment à six mois.
Arrêté la nuit, porteur d’un pince-monseigneur, en compagnie de rôdeurs munis de fausses clefs.