—Bien, me dit-il.
Après quelques tâtonnements, j'attrape la pose. Nous commençons.
C'est très fatigant de poser, p'fft!... Et puis rien n'est ennuyeux et déplaisant à voir comme un atelier. C'est sale, c'est mal rangé. Des couleurs partout. Il est bien regrettable que pour se faire faire en peinture, on soit obligé d'aller chez des peintres. Enfin!...
Le désordre de l'atelier, le fouillis des toiles, des meubles, des étoffes jetées pêle-mêle, et l'obligation de rester immobile ne tardèrent pas à me faire mal au cœur. J'avais envie de fermer les yeux. Je dis à l'artiste:
—Avez-vous besoin du regard?
Il me dit:
—Non. Nous verrons plus tard le regard.
—Bien. Je ferme les yeux et peu à peu une douce somnolence m'envahit. P'ffffft!...
Tout à coup, j'entends—dans ma somnolence—la porte s'ouvrir et une voix—juvénile—prononcer ces paroles:
—Avez-vous besoin d'un modèle?