Aux premiers jours de juin, comme les massacres de la répression duraient encore, il était réfugié, rue du Four-Saint-Germain, dans une de ces admirables familles dont rien ne désempare la charité.
C'est là que je le vis.
Dans la rue, les soldats allaient et venaient; les vigilances de la répression se multipliaient.
Tout à coup, tranquillement, Vermesch parla d'une course à faire dans les environs, d'une visite, à deux cents pas, disait-il, l'affaire de dix minutes.
—L'affaire de la mort, malheureux! m'écriai-je. Tu seras fusillé en arrivant sous la porte!
Et il me répondit:
—De quel droit?
Il n'y avait qu'à hausser les épaules jusqu'au plafond et à se taire; c'est ce que je fis.
Il ne sortit pas du reste; on le fit évader; il alla s'engloutir dans le brouillard de Londres.
En 1871, il écrivait, parlant de ses regrets, de sa douleur d'expatrié: «Si cela dure, je mourrai.»