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Les expositions des œuvres de Gustave Ricard faites simultanément après sa mort—à Paris et à Marseille—en février et en mai 1873, ne permirent pas, malgré leur éclatant succès, de juger à sa vraie valeur le grand talent du portraitiste[42]. Au reste, le moment n'était pas encore venu pour la compréhension de cet art de pensée et de profondeur. On laissait cela aux anciens maîtres. Pour l'instant, il fallait faire joli, amusant et superficiel. A peine si Ricard était compris en France par une élite et était vraiment apprécié en Angleterre et surtout en Allemagne. Le temps a marché depuis. Après Whistler, après Carrière, une nouvelle génération de peintres, que M. Camille Mauclair appelle des Intimistes, a suivi la voie que Ricard a le premier indiquée. C'est pour le peintre provençal un titre de gloire précieux. En outre, on peut constater aujourd'hui combien sont demeurées en dessous de l'éloge mérité les biographies qui paraissaient si osées dans leur enthousiasme d'alors. C'est que Gustave Ricard, par son coloris subtil, sa tendresse et son intellectualité, sa recherche profonde de l'intimité, restera, indéniablement, le plus attachant portraitiste de l'Art français du siècle dernier.
[42] Paul de Musset donne dans son catalogue des œuvres de Ricard exposées à l'École des Beaux-Arts à Paris, 94 portraits, 30 études de tête, 3 natures mortes et 16 copies. La même année, à Marseille, on exposait, au Cercle artistique, 29 portraits, 12 copies et 3 esquisses originales. A l'Exposition centennale, Ricard avait 6 portraits. Le Louvre possède de cet artiste deux portraits.
ADOLPHE MONTICELLI
1824-1886
Cliché Brion.
ADOLPHE MONTICELLI
(1824-1886)