Quillembois s'ennuya bien pendant quelques jours. Il aurait voulu voir la maison dans laquelle il allait vivre désormais et en connaître les habitants.
Il se demandait pourquoi il était injustement condamné à demeurer enfermé dans une armoire parce qu'un petit garçon n'avait pas été raisonnable. Et, pour comble de malheur, il entendait, tout près de lui, la petite fille qui jouait avec la bergerie, les moutons et la bergère rose et verte.
Aussi se trouvait-il bien malheureux.
Mais enfin le petit garçon guérit et on lui rendit ses soldats.
Quillembois fit l'exercice sur une table, à la lueur d'une grosse lampe: il défila, avec les autres soldats, sur deux rangs, sur quatre rangs; il monta la garde au sommet d'un fort; il vit, de l'autre côté de la table, la bergère et ses moutons.
Les péripéties de la manœuvre le conduisirent même, à un certain moment, tout près de sa petite amie, mais, brusquement, il vit disparaître moutons, bergère et bergerie.
Lui-même se retrouva, après un grand choc, au fond de sa boîte, se heurtant avec ses camarades.
Il était l'heure de dîner.