La mitraille pleuvait dru sur le fort, et les soldats de bois, mal abrités, tombaient avec fracas. Mais, au pied du fort, un gros canon jaune ripostait ferme et, à chaque coup, des files entières de soldats de plomb s'abattaient sur la table.
Au plus fort de la bataille, Quillembois fut envoyé aux renseignements.
Attaché à un gros ballon rouge, il monta jusqu'au plafond. Lorsqu'il fut arrivé là-haut, il ne vit plus, au-dessous de lui, que de petites taches de toutes les couleurs. Mais, bientôt, il put distinguer ce qui se passait en bas.
Il y avait encore, dans le camp adverse, beaucoup de soldats et beaucoup de petits pois. Et, là-bas, tout au bout, à l'angle de la table, un général et son état-major se tenaient hors de la portée du canon du fort.
Alors, du côté de l'armée des soldats de plomb, un aéroplane prit son vol au moment même où Quillembois commençait sa descente.
Attaché à la suspension, l'oiseau blanc décrivait de grands cercles au-dessus de la table; le ballon continuait toujours sa descente; le choc était inévitable.
Patatras!
Entraîné, déchiré par les ailes de l'avion, l'aérostat se dégonfla aussitôt, s'affala, et Quillembois tomba sur un arbre.