A la fin de la première année, un garçon, que la mère nomma Georges.
La seconde année, une ravissante petite fille, baptisée du nom de Berthe.
Le garçon ressemblait, à s'y méprendre, au Georges tant pleuré, le premier mari.
La fillette était créée à l'image de son père, Henri Paulet.
Bien qu'aimant les deux à la fois, la mère adorait le garçon, le père idolâtrait la fille.
Les nouveaux époux vivaient presque toute l'année à Bordeaux, où ils s'étaient définitivement établis, mais pour complaire à Guillaume Desmarennes, dont la santé s'était peu à peu raffermie, tous les ans, dès la belle saison, vers la Saint-Jean d'été, à la récolte des foins, ils venaient passer un mois à Saint-Christophe.
Le beau-père aimait à revoir le cher pays de sa jeunesse et de son âge mûr, où, grâce à l'opulence de son gendre, tout avait repris un air de bien-être et de prospérité.
Le docteur Laborde continuait à soigner sa clientèle, dans sa bonne petite ville et aux environs.
Quant à Me Guérineau, qui n'aimait pas à vivre en désoeuvré, il avait rapidement augmenté sa réputation d'avocat et sa fortune, tout en restant garçon.
Un soir il avait travaillé plus tard que d'habitude, en compulsant ses divers Codes, tout en ruminant, dans son for intérieur, le pour et le contre d'une affaire litigieuse, embrouillée comme un écheveau de laine où une chatte aurait passé.