—Eh bien! oubliez quelque folle pensée en germe dans votre esprit, et renoncez à des sentiments peut-être irréfléchis....

—Mes sentiments personnels, dit Alise, froissée à son tour, n'ont absolument rien dont je doive rougir; et quelle que soit ma déférence à votre égard, je n'en saurais changer.

M. Grandperrin reçut un nouveau coup mais cette fois il parvint à se maîtriser.

—Alise, continua-t-il, avez-vous eu jamais quelque grave reproche à me faire ... quelque faute sérieuse commise à mon insu à votre égard?

Elle fit un signe de tête négatif.

—Eh bien, alors, pourquoi ce manque de confiance, pourquoi juger indignes de vos confidences ceux qui vous aiment?... Même, sans me demander mon assentiment, ne pouviez-vous pas m'informer de ce que vous aviez décidé ... me dire que vous aviez librement disposé de vous-même?

—Il n'y a qu'une heure, je n'en savais encore rien moi-même.

—Et à présent, me direz-vous le nom de cet heureux que vous avez préféré?

—Le comte Albert de Rhuys!...

—J'apprécie ses rares qualités, sans doute, mais bien mince est sa fortune, vous le savez.