Un an après la cérémonie nuptiale, Germaine, en ouvrant sa fenêtre au soleil du matin, aperçut de loin, sur les hauteurs du chemin, un personnage qu'il lui sembla reconnaître, M. Alexandre.... C'était lui, en effet, mais sans chevaux de poste cette fois, venu à pied simplement par la station du nouveau chemin de fer.
—Tiens! M. Alexandre, dit-elle, tout seul. Qui vous amène quand les habitants du château sont en voyage? Prenez donc la peine de vous asseoir.
Il obéit, après avoir ôté poliment son chapeau, s'essuya le front, suant un peu de sa marche, se réchauffa les pieds refroidis dans la brume du matin; puis, regardant Germaine d'un oeil admiratif où se trahissait une certaine émotion:
—Mademoiselle, lui dit-il sans ambages, je suis venu simplement vous demander à vous-même si vous consentiriez à vous nommer Mme Alexandre Grandperrin.
—Désolée, monsieur Alexandre. Vous êtes venu trop tard, ma parole est donnée. En voyant Mme Gerbier si parfaitement heureuse, j'avais également rêvé d'un notaire. J'en ai trouvé un fait exprès pour moi; un notaire licencié, d'un âge assez mûr pour être sérieux encore assez jeune pour me plaire, et dont la fortune équivaut à peu près à la mienne. Vous le connaissez peut-être, puisqu'il habite votre ville ... c'est M. Georges Durantin, et je vous invite d'avance à la bénédiction.
Quelques mois après, Mme Durantin était citée parmi les femmes les plus élégantes et les plus spirituelles du grand monde ... de Rouen.
Octobre 1875.