De son vivant donner son nom à une rue de Paris, représente chez nous le comble de la gloire: rue Rossini, rue Auber, rue Lamartine. Alfred de Musset et Théophile Gautier, qui pourtant ne se ressemblent guère, mais tous deux d'une distinction si rare, obtiendront-ils jamais cette sanction municipale?
Les choses les plus graves, les plus belles, les plus saintes, ne se prouvent pas, mais se révèlent: nous comprenons l'amour en aimant, la charité en donnant, la foi en croyant.
Après cette vie terrestre, où donc irai-je? Où sont allés ceux que j'aime. Le reste m'importe peu.
Quand la poésie se met à la queue d'un parti politique, elle se dégrade. De souveraine, elle descend au rôle de servante. La princesse éblouissante devient Peau d'Ane. Et pourtant notre coeur devrait être un abîme d'indulgence pour les poètes, ne fût-ce que par gratitude pour les saintes joies qu'ils nous ont données dans leurs jours de lumière.
Au printemps dernier, j'ai pu voir un papillon sortant de sa chrysalide comme de l'étui d'un éventail. D'abord étourdi et comme ébloui par le grand jour, il se traîna gauchement sur le sol, étirant ses ailes gommeuses, agglutinées, collant au corps comme une robe de soie chiffonnée; mais le soleil eut bientôt fait de lui sécher les ailes, et, comme une flèche, il disparut dans un rayon du matin. Après son départ, l'intérieur de la chrysalide garda longtemps ses couleurs: bandes de pourpre, stries d'azur et points d'or.—En songeant à cette chrysalide et aux riches empreintes qu'y avait laissées le splendide pèlerin du ciel, je me souviens des coeurs où l'amour a passé.