III
Vers une heure du matin, tous les invités s'en allaient, qui en tilbury, qui en cabriolet, qui en panier, qui en break, qui en charrette anglaise.
Mme Desmarennes voulut faire atteler pour reconduire Georges Paulet et maître Guérineau, mais tous deux refusèrent d'être ramenés en voiture, préférant se rendre à pied, comme ils étaient venus, un splendide quartier de lune éclairant la route.
Quant à Desmarennes, comme d'habitude, à neuf heures précises, sans mot dire, il avait lâché tout son monde, devant être levé tous les jours avant quatre heures pour empêcher ses garçons de moulin de faire grasse matinée.
Donc les deux amis s'en revenaient à pied vers la ville, tout en devisant de leur soirée.
—Comment, dit Paulet, ne m'avais-tu pas prévenu que Desmarennes avait une si charmante fille?
—Pour t'en laisser la surprise. Tu ne m'en veux pas, j'espère?
—Certes, non; mais si tu m'en avais informé je me serais présenté autrement, en toilette moins négligée. Ah! mon ami, quelle merveilleuse petite créature! Elle m'a troublé le coeur et le cerveau, je reste encore sous le charme. J'en suis fou ... je la veux.
—Pour ma part, je ne demande pas mieux, tu dois bien le penser. Il s'agit simplement de savoir si ton rêve est réalisable.
—Pourquoi pas?