Trott lâche la bonde. Elle est laide. Elle a des yeux troubles. Elle se frotte la figure. Elle est trop rouge. Et puis elle n’est pas du tout gentille. Trott lui a demandé des choses du bon Dieu et du Paradis. Elle n’a rien voulu dire. Elle a fait : ouin-ouin. C’est très vilain.

Mme de Tréan sourit. Elle prend le petit homme sur ses genoux. Elle raconte. Elle explique. Tous les petits enfants sont comme ça… Est-ce possible ?

— Et puis, vous comprenez, Trott, les tout petits enfants ne savent pas parler. Alors ils ne peuvent rien dire des anges et du bon Dieu. Mais ils sont très tristes et pleurent parce qu’ils se souviennent des caresses des anges et de toutes les belles choses du ciel.

Trott a compris. Certes, ça doit être plus agréable d’être bercé par un ange que par cette vilaine grosse nounou. Et puis, ne pas pouvoir marcher et parler ! voilà qui doit être terrible ! Trott frémit rien que d’y songer. Les bons sentiments rentrent en son âme, et il dit à Mme de Tréan :

— Je tâcherai d’être bien gentil avec ma petite sœur pour qu’elle ne regrette pas trop les anges.

II
TRIBULATIONS

— Toc, toc.

— Qui est là ?

— Est-ce que je puis entrer pour dire bonjour à ma petite sœur ?

Mme Prudent — c’est la dame qui soigne maman depuis qu’elle est malade — entr’ouvre la porte :