—Niez-vous que ceci soit votre œuvre?
—Je ne répondrai pas.
—Dans ce cas, vous êtes expulsé, et je désirs que vous quittiez ce collège demain matin au plus tard.
Une enveloppe scellée du sceau du collège lui fut tendue aussitôt par l'un des assesseurs. Elle contenait la sentence d'expulsion.
Shelley courut à la chambre de Hogg, se laissa tomber sur le divan et répéta en tremblant de rage: «Expulsé! Expulsé!» Ses dents claquaient. La punition était terrible. C'était l'interruption de toutes ses études, l'impossibilité de les recommencer dans une autre Université, la privation certaine de cette belle vie calme qu'il aimait, la fureur durable et bouffonne de son père. Hogg lui-même fut indigne. Emporté par une imprudente générosité, il écrivit sur le champ une note exprimant son chagrin et son étonnement qu'un tel traitement ait pu être infligé à un tel gentleman. Il espérait que la sentence ne serait pas définitive.
Le domestique fut chargé de remettre ce message au triLe domestique fut chargé de remettre ce message au tribunal qui était encore réuni. Il revint immédiatement apporter à Hogg les compliments du Doyen et l'ordre de descendre. L'audience fut courte. «Avez-vous écrit ceci?» C'était la note que Hogg venait d'envoyer, et il la reconnut.
—Et ceci?
Avec une grande force et des habiletés de vieil avocat, Hogg expliqua l'absurdité de la question, l'injustice d'avoir condamné Shelley, l'obligation où se trouvait tout homme conscient de ses droits...
—Bien, vous êtes expulsé, dit le juge d'un voix furieuse.
Il était évidemment d'humeur à expulser ce soir-là tout le collège, et Hogg reçut à son tour une enveloppe cachetée.