—C'est ma faute, avoua humblement Jacques Gerdolle, mais je ne savais où trouver du bois.
—Là, dehors, sous un appentis à droite de la maisonnette, répliqua la jeune fille... Ayez l'obligeance d'y prendre des margottins et des bûches...
Elle avait allumé un bougeoir et rangeait sur le buffet le contenu de son panier, quand Jacques reparut avec une falourde:
—Savez-vous faire le feu? interrogea-t-elle avec une moue d'incrédulité.
—Je crois que oui, repartit-il en souriant.
Il se mit à la besogne et bientôt une flamme pétilla gaîment dans l'âtre. Clairette remplit d'eau une bouilloire qu'elle posa entre les chenets. En un clin d'œil elle eut remis un peu d'ordre dans la chambre, bordé les couvertures, battu les oreillers qu'elle replaçait avec précaution sous la tête du malade.
—Puis-je vous aider à quelque chose? dit Jacques, confus de rester oisif, tandis qu'elle allait et venait, active comme une abeille.
—Merci, voilà qui est fait! déclara-t-elle.
L'eau chantait doucement dans la bouilloire; dès que l'ébullition fut complète, Mlle Fontenac y jeta un paquet de petite centaurée et après quelques minutes d'attente silencieuse décanta l'infusion, la versa dans une tasse, sucrée au préalable, et l'apporta à Charlot qui commençait à grelotter sous l'action de la fièvre. Elle lui soutenait maternellement la nuque tandis qu'il buvait avec une grimace l'amère tisane fébrifuge.
Assis au coin de la cheminée, Jacques suivait les mouvements agiles de Clairette. La lueur vacillante de la bougie mettait en valeur tantôt la taille souple de la jeune fille penchée vers le lit, tantôt le pur et ferme profil aux cils à demi rejoints, aux coins des lèvres malicieusement retroussés. Comme aux saisons de l'adolescence, il la trouvait charmante, et il ne put s'empêcher de manifester son admiration: