—Oh! de simples mesures conservatoires… dans l'intérêt de l'héritière mineure, car si je ne me trompe, il y a minorité de l'une des héritières présomptives. Je dis présomptives, ajouta-t-il en passant en revue les assistants avec ses gros yeux ronds, parce que nous ne connaissons pas encore les dernières volontés du défunt.

—Ses dernières volontés! répéta madame de Mauprié interdite; supposeriez-vous, Monsieur, l'existence d'un testament?

—Je ne la suppose pas, Madame, répondit le notaire en s'inclinant, je l'affirme…

—Un testament! grommela Gaspard, à quoi bon?

—Je l'ignore, Monsieur, mais si vous le permettez, nous allons vous donner lecture de l'acte.

Il tira de son portefeuille une enveloppe cachetée.

—Ceci est un testament olographe, déposé en mon étude par feu M.
Renaudin, mon client.

Il promena un moment l'enveloppe sous les yeux des héritiers, puis il la décacheta et remit au juge de paix une feuille de papier timbré, en le priant d'en prendre connaissance.

—Le testament est en bonne forme, murmura le juge.

Le notaire avait toussé et avait mis ses lunettes. Madame de Mauprié, pâle et crispée, était appuyée à un fauteuil; Gaspard se tenait debout, les bras croisés; Reine et Honorine contemplaient les gens de justice d'un air effaré, sans trop comprendre de quoi il s'agissait. Quant à Xavier et à Gertrude, ils étaient assis l'un près de l'autre et se regardaient avec une expression de tristesse attendrie.