Oui, c’est vous mon destin, Paris, cité des âmes,
Forge mystérieuse où les yeux sont la flamme,
Où les cœurs font un sombre et vaste rougeoiment,
Où l’esprit, le labeur, l’amour, l’emportement
Elèvent vers les cieux, qu’ils ont choisis pour cible,
Une Babel immense, éparse, intelligible,
Cependant que le sol, où tout entre à son tour,
En mêlant tous ses morts fait un immense amour!

AINSI LES JOURS S’EN VONT...

insi les jours s’en vont, rapides et sans but,
Nous les appelons doux quand ils sont monotones,
Et l’âme, habituée à combattre, s’étonne
De ne plus espérer et de ne souffrir plus.

Qu’est-ce donc que l’on veut, qu’on espère et prépare,
Que souhaitons-nous donc, quand, l’esprit plus dispos
Qu’un bleu matin qui luit dans le vitrail des gares,
Nous sommes harassés de calme et de repos?