Vous me direz: «Voyez, le printemps clair, immense,
C'est ici qu'il naissait;
La vie est dans la mort, tout est, rien ne commence.»
Je répondrai: «Je sais.»

Et puis, nous nous tairons; par habitude ancienne
Vous direz: «A demain.»
Vous me tendrez votre âme et j'y mettrai la mienne,
Puis, tenant votre main

Je verrai, déchirant les limbes et leurs portes,
S'élançant de mes os,
Un rosier diriger sa marche sûre et forte
Vers le soleil si beau…

TU T'ELOIGNES, CHER ÊTRE…

Tu t'éloignes, cher être, et mon coeur assidu
Surveille ta présence, au lointain scintillante;
Te souviens-tu du temps où, les regards tendus
Vers l'espace, ma main entre tes mains gisante,
J'exigeai de régner sur la mer de Lépante,
Dans quelque baie heureuse, aux parfums suspendus,
Où l'orgueil et l'amour halettent confondus?

A présent, épuisée, immobile ou errante,
J'abdique sans effort le destin qui m'est dû.
Quel faste comblerait une âme indifférente?

Je n'ai besoin de rien, puisque je t'ai perdu…

J'ESPÈRE DE MOURIR…

J'espère de mourir d'une mort lente et forte,
Que mon esprit verra doucement approcher
Comme on voit une soeur entrebâiller la porte,
Qui sourit simplement et qui vient vous chercher.

Je lui dirai: Venez, chère mort, je vous aime,
Après mes longs travaux, voici vos nobles jeux.
J'ai longtemps refusé votre secours suprême,
Car si le corps est las, l'esprit est courageux.