5° Bureau, rue Bernos (Extra-muros)
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11 Janv. du N° 12 -- 13 -- 14 -- 15 -- 17 -- 18 -- 19 -- 20 -- |
2483 à 8440 8441 à 9296 9297 à 12983 12984 à 13355 13356 à 22076 22077 à 44063 44064 à 51707 51708 à 58000 58001 à 73095 |
21 Jan. du N° 22 -- 24 -- 25 -- 26 -- 27 -- 28 -- 29 -- |
73096 à 75501 75502 à 78511 78512 à 85623 85624 à 94437 94438 à 103085 103086 à 109493 109494 à 113087 113088 à la fin. |
Caisse de chômage.—Il est rappelé aux chômeurs qu'ils doivent aller toucher eux-mêmes leur secours. Le paiement des secours ne peut être fait à des tiers, que si les titulaires des cartes justifient que leur état de santé ne leur permet pas de sortir de chez eux. Toute personne qui s'approprierait la carte d'un voisin, pour en toucher le montant, serait immédiatement l'objet de poursuites judiciaires.
Sel.—La ville tient à la disposition des communes et des commerçants du sel, en sacs de toile, prix suivant quantités.
Comité d'Alimentation Hispano-Américain
A propos de la Distribution du Lait.
Un avis, placardé dans nos locaux de lait, invite les personnes, qui bénéficient de la distribution du lait, à rapporter, chaque fois, les boîtes vides. Comme les circonstances nous obligent à un contrôle plus rigoureux encore que par le passé, et que nous voulons, à tout prix, empêcher la revente du lait du Comité, nous informons le public que la disposition, rappelée ci-dessus, sera strictement appliquée. Ceux qui ne rapporteront pas les boîtes vides seront privés de distribution; aucune exception, aucune excuse ne seront admises.
Petite Correspondance
Trop de bruit,—M. C. Latapette, président du Club des Agacés,—Vous avez écrit, cher Monsieur, il y a déjà quelque temps, en votre nom et au nom d'un groupe de Lillois agacés. Les marchands de toutes sortes: de petit bois cassé, de charbon, de journaux, de fruits, de légumes, de vieux papiers, etc., poussant, dites-vous, dès le petit jour, des cris discordants qui vous réveillent, troublent votre repos, vous agacent, vous et vos amis; et vous me demandez, s'il est permis de gêner ainsi de paisibles citadins. Pauvre homme, que je vous plains! Vous avez clos bien hermétiquement vos rideaux, pour ne pas être gêné par la lumière, vos courtines sont bien tirées, pour que le froid ne vous incommode pas, et voilà que les cris perçants, discordants, de ces croquents de marchands de toutes sortes, pénètrent jusqu'à vous! Quelqu'un s'est plaint jadis, et même en vers, des embarras de Paris. On a bien dû écrire quelque chose sur le bruit des villes. Quelqu'érudit me citera peut-être une pasquille ou une chanson en patois sur les bruits de Lille. La chose n'est pas d'hier. Mais qu'y faire? Croyez bien, cher Monsieur, que le mieux est encore de se résigner. Soyez patient! Lorsqu'un cri, parvenant jusqu'au fond de votre alcôve, vous aura tiré du sommeil en vous déchirant le tympan, faites quelques réflexions, avant de vous indigner. Dites-vous que le marchand, si misérable qu'il soit, et précisément parce qu'il est misérable, mérite plus votre commisération que votre colère..... Vous dormez encore, et il est levé depuis longtemps. Vous vous reposez chaudement, et, dès avant l'aube, quelque temps qu'il fasse, il a déjà chargé sa charrette, il la pousse, il la tire, allant à travers la ville pour appeler, pour exciter les clients. Vous descendrez tout à l'heure de votre chambre, et trouverez bien chaud le chocolat ou le café au lait qui vous attend; et, lui, il compte sur le produit de sa vente, sur son travail, pour donner l'indispensable à sa famille, à lui-même... Dites-vous que chaque cri qu'il pousse, ce marchand, c'est un cri de famine. Quand vous vous serez ainsi représenté la vie de ce malheureux marchand, ses efforts, ses espérances et ses déboires, vous ne serez plus agacé... Et s'il ne vous vient pas à l'idée, à son cri, de descendre dans la rue, et de l'aider à sortir d'affaires, en devenant son client (ce serait peut-être vous demander beaucoup); calmé néanmoins, vous vous retournez sous les couvertures et, sous la chaleur du lit, vous vous direz: «Ce pauvre marchand, Dieu veuille que la clientèle soit pour lui abondante, et qu'il puisse tantôt rapporter aux siens le pain de chaque jour.» Ne croyez-vous pas qu'il vaut mieux envisager la question de cette façon plutôt que de consulter le Code? Pour le cas où vous ne seriez pas convaincu, je vous dirai que les art. 4 et 5 du Code municipal, s'ils défendent tout bruit et tout cri sur la voie publique, ne fixent cette interdiction que de 10 h. du soir à 5 h. du matin en été, et à 6 h., en hiver. Vous voyez que le Code lui-même ne vous est guère favorable. S'il vous faut encore un autre conseil, le voici: Couchez-vous tôt, levez-vous de même. Les cris vous seront moins désagréables, et vous pourrez vous dire que: «Quand on fût toujours vertueux, on aime à voir lever l'aurore!» Et comme la vertu est toujours récompensée, vous aurez longue vie... Coucher à dix, lever à six, font vivre douze fois six On peut augmenter le chiffre douze, si l'on veut.