Vente de Pain

Situation du 20 au 25 Mars 1916

Pain vendu au public 439.842 k. 250
Pain facturé aux établissements hospitaliers 4.131
Pain restant en magasin le samedi soir. 1.384 250
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445.357 500
Excédent du 18 mars au soir 1.220 250
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444.137 k. 250
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Pain livré aux boulangers 444.137 k. 250

Cette situation démontre qu'il n'existe aucun détournement dans les locaux de distribution.


Comité Américain--Une visite intéressante

Le 28 mars, à 3 h. 1/2, MM. Hoover. Président de la Commission for relief in Belgium (c'est-à-dire de la Commission américaine à laquelle est affilié le Comité d'alimentation du Nord de la France, que le public appelle communément Comité Américain), Polland, délégué Général de cette Commission à Bruxelles, Whitney, délégué Central de cette Commission, à Charleville, Wellington et Richardson, délégués américains, pour les districts de Lille et de Valenciennes, sont arrivés à Lille, accompagné du capitaine Bahr, délégué par l'autorité militaire, auprès de la C. R. B. pour notre district. Ils se sont rendus à la Préfecture, où ils ont été reçus par le Secrétaire Général et par un certain nombre de membres du Comité de District de Lille.

Cette réunion était d'ailleurs le principal but de leur visite. Car, si nous n'avons jamais cessé de demander à la C. R. B. d'augmenter le secours en vivres qu'elle nous assure depuis onze mois, nous l'avons, les mois derniers, assaillie de rapports et de lettres pressantes, pour lui démontrer l'urgence d'un ravitaillement accru et pour obtenir par son intermédiaire les denrées de toutes sortes, nécessaires à la subsistance des habitants du District. La C. R. B. voulait se renseigner sur place sur ces questions.

Nous n'ignorions pas les énormes difficultés qui entravent notre approvisionnement. La guerre, qui met en jeu une grande partie de la population masculine dans presque toute l'Europe, réduit fatalement la production des vivres. L'Europe doit demander aux autres parties du monde des quantités de denrées beaucoup plus fortes qu'en temps normal. La conséquence est que les prix augmentent, et que les marchés mondiaux se trouvent souvent dépourvus; avec la meilleure volonté, la C. R. B. est dans l'impossibilité de se procurer tout ce qu'elle voudrait. C'est encore la guerre qui entrave les transports. Elle les rend plus périlleux, et parfois des marins montant même des navires neutres, préfèrent refuser le service, plutôt que de s'exposer à périr, lors d'un torpillage, ou du choc d'une mine flottante. Un certain nombre de bateaux restent inoccupés. Les transports militaires en utilisent aussi en quantité. Et, alors qu'on aurait besoin d'un tonnage accru, puisqu'on fait venir d'outre mer beaucoup plus de marchandises, on dispose seulement d'un tonnage inférieur d'un tiers à celui du temps normal. Toutes ces raisons expliquent l'élévation des tarifs: le fret pour une tonne de charbon, de Cardiff à Marseille est passé de 8 fr. 50 à 90 fr., pour une tonne de blé, d'Amérique à Rotterdam, il s'est élevé de 15 à 190 fr.