Après avoir souligné l'importance des commissions cantonales et des commissions d'appel et recommandé d'apporter un soin particulier à la désignation des personnes qui doivent les composer, le Ministre de l'Intérieur indique que ces commissions devront discerner d'après les renseignements de la demande, les avis du maire et les résultats des enquêtes qui seraient provoquées, quels sont les besoins réels qu'il s'agit de souligner.
Il est utile de citer la fin de cette circulaire. Après avoir dit que les sacrifices financiers imposés à l'Etat par ce décret, ne peuvent être consentis, que là où il y a un devoir d'humanité à remplir, le Ministre poursuit:
«Ici toute injustice serait un crime qui, sous le misérable prétexte de rancunes locales, que la fraternité patriotique a dû éteindre, priverait des secours de la nation une famille réellement dans le besoin.
»Et ici aussi, tout abus serait un crime qui accorderait indument, cette assistance à des demandeurs indiscrets, sans souci des ressources financières du pays, lesquelles constituent aujourd'hui (que nul ne l'oublie) un des éléments essentiels de la défense nationale.»
Il est donc manifeste que le législateur, aussi bien celui de 1905 que celui de 1913 et celui de 1914, n'a pas voulu accorder l'allocation journalière à toute personne qui aura l'un des siens sous les drapeaux.
Ceux qui réclament doivent prouver, que le militaire sous les drapeaux, était ou serait leur soutien indispensable.
La circulaire ministérielle parle de besoins réels qu'il s'agit de soulager, de devoirs d'humanité à remplir, de familles réellement dans le besoin.
Le Ministre recommande que nul n'oublie qu'il faut être ménager des ressources financières du pays.
Le Tribunal correctionnel tient pour coupables d'escroquerie au préjudice de l'Etat, ceux qui, faisant valoir de faux renseignements, se font attribuer une allocation à laquelle ils n'ont pas droit et leur inflige des peines sévères.
Il faudra un de ces jours dresser la liste de ces fraudeurs de secours et les clouer au pilori.