C'est une nouvelle expérience que nous tentons sans pouvoir garantir que cette réglementation n'aura plus de variation à subir. Nous aurions voulu contenter tout le monde; nous savons que nous n'y réussirons pas; nous prions qu'on nous reconnaisse au moins la bonne volonté d'agir pour le mieux.
LE COMITÉ.
Le Fraisier
Il n'est guère de fruit plus généralement recherché et plus essentiellement salubre que la fraise, avec ses tons écarlates et sa chair fondante et délicieusement parfumée; aussi, ne conçoit-on guère un jardin sans fraisiers. Dame Nature a répandu ceux ci sous un grand nombre de climats divers. Les fraises se divisent en deux groupes, celles à petits fruits et celles à gros fruits. Les premières ont pour point de départ et pour type les «fraises des bois» et l'emportent, par leur saveur et leur parfum, sur toutes leurs autres soeurs. Elles ont choisi pour domaine favori les prés fleuris, les terres dorées et les bois profonds, frais, sombres et pleins de mystère. Dissimulées sous les feuilles comme l'humble violette, elles ne sont trahies que par leur parfum. Le fraisier des bois était seul connu avant la fin du 16e siècle, où on commença à se livrer à la culture systématique du fraisier. En 1712, un officier du génie maritime, qui portait le nom, prédestiné sans doute, de Fraizier, importa du Chili 5 plants d'un fraisier nouveau, dont l'un, mis en terre aux environs de Brest, a été la souche de la grande quantité de fraises produites par la Bretagne. Le fraisier affectionne les terres franches légères, substantielles, sèches et saines en hiver, humides en été, qui doivent être fumées avec des engrais bien consommés, et une exposition découverte, il se trouve bien de copieux arrosements. C'est une plante d'une sensibilité extrême qui craint l'excès de chaleur comme l'excès d'humidité. Les plantations doivent être renouvelées tous les 2 ou 3 ans. Par le forçage, on arrive à faire fructifier le fraisier en toute saison.
Le fraisier peut se cultiver en pots. Un mode de culture original consiste à se servir de vases et tonneaux, avec perforations espacées. La culture en tonneaux, gracieuse, amusante et propre, donne depuis longtemps en Amérique les meilleurs résultats. Les tonneaux affectés à cet usage, sont placés debout et percés de trous, de distance en distance. Nos pères se servaient eux-mêmes de vieux tonneaux perforés pour cultiver la salade en cave et d'autres légumes d'hiver. Malgré ses nombreux détracteurs, ce genre de culture a donné et donne encore aujourd'hui d'excellents résultats. La culture en vases et récipients perforés remonte à bien des siècles, on en a la preuve par les vases en terre cuite remontant à l'époque romaine et désignés sous le nom de vase à crocus. L'ennemi le plus redoutable du fraisier est le hanneton.
Les meilleures variétés de fraisiers sont: La fraise des bois (des Alpes) améliorée, dite des quatre saisons (juin et août-septembre), rouge et blanche; Héricart de Thyry (communément appelée: La Ricard), Ananas; Dr Morère, Joseph Paxton, Dr Hogg, stimulante. La fraise est rafraîchissante, diurétique, laxative, mais ne convient pas toujours aux dyspeptiques, aux obèses et aux diabétiques, ni à ceux qui ont une tendance aux éruptions cutanées. Car, quoiqu'on en dise, elle fait éclore l'urticaire chez certaines personnes prédisposées, par un dérivé d'acide salicylique qu'elle contient. En outre, la fraise convient aux rhumatisants, elle est anti-graveleuse. Pourquoi? tout simplement parce qu'elle alcalinise le sang et même jusqu'aux urines, et non parce qu'elle contiendrait de l'acide malique. Armand Gautier, qui fait autorité en ces matières, donne comme composition moyenne de la fraise: eau 87.7, matières albuminoïdes 0.50, cellulose 2.32, pectoses 0.81, sucre 0.28 pour cent; anhydrides (acides anhydres), phosphorique 1.05, sulfurique 0.33, potasse 1.77, soude 2.27, chaux 1.20 pour mille. Cela explique qu'elles sont excellentes par leur suc pour la rate, les tempéraments sanguins et bilieux, les ulcères de la bouche, les aphtes, la dysenterie, les obstructions, les bronchites avec toux sèche. On en prépare une décoction de 25 à 50 grammes par litre d'eau, dans les hydropisies, la gravelle, la goutte, les vices du sang. Une poignée de racines, bouillies dans 500 gr. d'eau, forme un bon astringent et diurétique, qu'on peut employer en gargarisme dans l'angine, la diarrhée et les flux de toutes natures.
On peut aussi préparer un sirop de fraises, en faisant bouillir et en remuant constamment dans une bassine, quantité de sucre en poudre et de fraises à moitié mûres. Filtrer ensuite à travers un linge.
Fraises ensablées. Les fraises sont souvent souillées par de la terre et véhiculent ainsi les impuretés et germes nocifs contenus dans le sol. Pour éviter que leur ingestion, en cet état, ne devienne une source de maladies intestinales surtout à l'époque de régime anormal actuelle, les hygiénistes recommandent instamment de les laver avec de l'eau, préalablement bouillie, bien qu'elles perdent ainsi un peu de leur parfum. Le mieux serait encore de ne les manger qu'à l'état cuit, sous forme de compote ou de confiture.