SOLICEURES A LA POGNE.
Les soliceures à la pogne sont des marchands qui s'habillent en marins ou en soldats, qui n'ont jamais avec eux qu'une très-petite quantité de marchandises. Habituellement les articles qu'ils tiennent sont les rasoirs à deux lames, des couteaux, des montres en or, des madras, des mouchoirs de batiste et des coupons de toiles, des services damassés. Les rasoirs sont en fer, les montres en chrisocale; les madras, mouchoirs, coupons de toiles et service damassé, le tout est en coton apprêté, ils s'annoncent chez vous, comme rentrant dans leurs foyers, et ayant passé en contrebande l'objet qu'ils vous offrent, destiné à faire un cadeau à leurs parents, mais ils ont encore loin pour arriver dans leur pays, ils n'ont plus d'argent, et le besoin est la seule cause qu'ils s'en défont, ils n'en connaissent pas le prix; quoiqu'il en soit, ils ne manquent pas de vous faire l'objet quatre fois plus que cela ne vaudrait en bonne qualité, et n'importe quel prix vous en offrirez; ils vous le laissent; ils gagnent encore moitié.
LES CAREURES EN GARGUES.
Les careurs en gargues sont du genre fashionable, ils portent toujours des besicles, ont l'air myope, entrent chez un bijoutier, ont un bijou de prix dont la pierre est égarée, ils veulent la remplacer. Le bijoutier s'empresse de leur en montrer de différentes espèces, et les prétendus myopes s'approchent de très-près de la carte où se trouve déposés brillants et perles fines, et avec leurs langues, attirent subtilement dans leurs bouches plusieurs perles et diamants. Ces voleurs sont rarement pris, et gagnent beaucoup.
LE VOL A LA MARQUE.
Voilà un vol très-adroitement fait qui s'exécuta il y a quelques mois chez un bijoutier de la rue Saint-Honoré. Un individu, richement vêtu, se présenta chez lui, et demanda à voir quelques tabatières en or, il fut dans l'indécis de savoir laquelle il choisirait dans la crainte qu'elle ne convint pas à son épouse, et dit: c'est une surprise que je lui ménage. Demain matin mon domestique viendra vous avertir, et vous viendrez avec lui chez moi, vous apporterez celles qui sont émaillées, c'est celles qui seront le plus à son goût; le bijoutier le reconduit avec force compliments. Et en effet, le lendemain, à huit heures du matin, un domestique à livrée élégante se présente et dit: Monsieur, veuillez m'accompagner chez M****. L'honnête commerçant s'empresse de suivre ce jokei, qui lui dit: nous allons rue Lafitte, 12. Quelques instants après, il se rappelle avoir oublié une commission que Madame lui a donné, et qui va lui faire avoir de grands désagréments, c'est à deux pas, il engage le bijoutier à continuer jusqu'à l'hôtel, ce que celui là fait. Notre prétendu domestique arrive tout essoufflé chez le bijoutier et demande que l'on lui remette les boîtes marquées IIKV et XXIXV, etc., etc., il en obtient six; le bijoutier vient de sortir un instant auparavant avec ce domestique, il demande avec des renseignements trop positifs pour que l'on conçoive l'ombre du doute, l'on remet les objets au faux domestique. Au bout de quelques instants, le malheureux bijoutier revient chez lui tout désappointé de ne pas avoir trouvé à l'adresse indiquée ce qu'il cherchait, et il l'est bien plus, quand il apprend la manière dont il est floué.
LE VOL AU CONOBLEMENT.
Un individu porte chez un horloger une montre à arranger, et ne manque pas en même temps de saisir l'un des noms sur certaines montres en réparation, et sachant le nom, il le donne à un de ses complices, qui vient avec hardiesse chez le bijoutier: voulez-vous me remettre la montre de M…..? le bijoutier n'hésite nullement, la donne; et le voleur s'en va.
LE VOL AU POIVRIER.
Ce sont ceux qui, les dimanche et lundi soir, rodent les barrières et les boulevarts extérieurs, où ils ne manquent pas de trouver des hommes ivres, ils les dévalisent.